Son enfance

Comme souvent dans l'histoire des légendes, Michael a connnu dans sa vie, des moments simplements miraculeux...Si Deloris Peoples, jeune fille noire de Ricky Point en Caroline du Nord, avait agi selon ses premières impressions, il n'y aurait pas eu de Michael Jordan. L'histoire commence évidemment par la balle orange. Les frères et les cousins de cette avenante jeune personne jouaient souvent au basket contre James Jordan et ses frères, natifs de Wallace, 50 bornes plus loin. Deloris, 15 ans, en allant voir un match, fait la connaissance de James, 18 ans. "Une fois, il ouvre la porte de notre voiture. Il me dit: je ne savais pas que vous étiez là! Vous êtes mignonne. un jour, je vais vous épouser! J'ai trouvé cela un peu rude. En plus, il sortait avec une autre fille. Je me suis éloignée de lui." Le jeune charmeur persiste néanmoins et, quelques jours plus tard, devient son premier petit ami. La relation prend, avec le temps, des allures trop sérieuses pour ses parents qui choisissent de l'envoyer en Alabama pour de studieuses études. James, lui, s'engage dans l'US Air Force. Adieu. Par hasard, six mois plus tard, il revoit Deloris, en vacances dans sa famille. Elle ne retournera plus en université... Le couple donnera naissance à quatre enfants, mais le quatrième, Michael, reviendra de loin. "Nous avons craint longtemps la fausse couche. Puis, le 17 février 1963, il est né avec le nez qui saignait, et l'hôpital de Brooklin où j'avais déménagé avec la famille pour suivre des cours proffessionnels, réserva son avis pendant trois jours", se souvenait James. Les saignements de nez, sans raison, dureront jusqu'à l'âge de cinq ans. "Mon nez saigne encore facilement mais ma mère ne m'avait pas encore raconté toutes ces histoires. La seule dont elle m'a parlé, c'est quand je suis tombé derrière mon lit, à trois ans, et qu'il m'ont cru mort. Il y a eu de vraies alertes dans ma vie", constate MJ. La plus miraculeuse fut, peut-être, à l'âge de deux ans, quand il frôla l'électrocution en voulant jouer avec les fils électriques que réparait papa, "Il a pris une décharge et a fait un vol de trois mètres", dira son père. Après le retour à Wallace, la famille ira définitivement s'installer à Wilmington. James, fils de pauvres fermiers qui conduisait le tracteur familial dès l'âge de dix ans, travaille à la General Electric. Grimpant les échelons petit à petit pour se retrouver chef de trois services, il peut acheter un bon terrain, construire une belle maison. Avec le plus grand jardin du quartier, il fait un terrain de basket où tous les kids peuvent venir jouer. Maman a un petit boulot à la United Carolina Bank et s'occupe de James Ronald, Deloris Chasten, Larry, Michael, sûrnommé "Baldy" puisqu'il veut toujours avoir les cheveux très courts, et Roselyn, les cinq enfants dans l'ordre. Histoire classique. Pour l'instant...

 

Les années fac

Novembre 1980, une dizaine de journalistes du coin se pointent vers les Jordan. Mike est assis dans le canapé familial, en tee-shirt et survêt. Encadré par son père, chemise blanche au col ouvert, et sa mère à la coiffure soignée et au regard berçant. Michael annonce à tous qu'il ira à l'Université de North Carolina. C'est un soulagementpour lui et ses proches. Il n'est encore qu'un lycéen dans sa dernière année mais ne veut pas porter le poids d'un secret de polichinelle. Il ne figure même pas dans la liste des 300 meilleurs lycéens du pays, publiée par le "Street and Smith". Et seul le rapport élogieux de ses deux assistants finira par convaicre Dean Smith de se déplacer en personne pour admirer l'oiseau rare. Dean à une règle. Chaque année, il réserve un spot dans son "starting five" à un freshman (universitaire de première année). C'est ainsi que Jordan déboule dans le sillage et à l'ombre d'un James Worthy et d'un Sam Perkins, stars adulées. Tout frétillant, Mike a passé son été à squatter le parquet du gymnase de son lycée.Bosser. bosser, être à la hauteur... c'est une obsession! Les spécialistes les plus avisés des Tarl Heels n'ont eux, qu'un avis très mitigé sur son potentiel. L'un deux, Jim Bukata, ira jusqu'à déclarer: "d'après les scouts de North Carolina, Jordan est le joueur le plus excitant de tous les lycéens qui arrivent en NCAA. Mais on sait bien que les gens de cette région exagèrent un peu!" Cinq mois plus tard, l'exagération en question a laissé place à la stupéfaction. Ce Jordan qui pouvait décrocher la Lune de sa détente sèche à 1,05 m, faire trembler les défenses lycéennes de Caroline du Nord en cartonnant à une moyenne de 27.8 points par match, s'est tranformé en un joueur précieux, modeste et déterminé. Spectaculaire, il ne fait qu'assouvrir un vieux rêve : "gamin, je savais que j'allais grandir et que je pourrais sauter très haut. Je voulais mesurer 2,15 m et smasher comme un fou". Il rend dingue ses gardes du corps, fait se pâmer les foules quand il s'envoie en l'air pour se livrer à des arabesques dont il a le secret... "à 15 ans, je dunkais sur des paniers de grands, des deux mains, en arrière, à 360% les deux mains arrières, j'ai tout travaillé à l'entraînement"